escalier

Un escalier, de la cave au grenier.
Côté nord, en plein milieu, la maison familiale était pourvue d’une tourelle, ou plutôt d’une demi tourelle ou venait se loger l’escalier en spirale, enfin, une moitié, l’autre empiétant sur la partie habitable de la maison.
J’ imaginais cette tourelle couverte d’un toit en poivrière comme dans les châteaux, hélas elle n’était que platement zinguée.
Nous l’avons monté et descendu bien des fois cet escalier, et par des façons les plus bizarres qui nous venaient à l’esprit: à quatre pattes, en avant, en arrière, comme un chien, en sautant des marches, une, puis deux, puis trois,, ou encore par le puits central, les pieds sur le bord des marches en nous tenant à la rampe.
Par contre jamais de glissades sur celle ci, la boule de verre bleue qui la terminait aurait pu nous meurtrir dans notre chair si l’on ne s’était éjecté avant. Je ne dis pas que je ne me livrai pas quand même quelques légères tentatives, mais sans plus…
La photo est prise du palier de la mansarde, en dessous, on aperçoit le palier de ce qu’on appelait l’antichambre, meublée d’une armoire, d’un miroir, de quelques oeuvres peintes exécutées par ma grand-mère lors de son année de scolarité en Angleterre, à 16 ans (deux peur être), ou elle apprit également le piano et à faire de la bicyclette. J’ai à la maison son chevalet avec quelques « I love you » ou « I love Didi », ma grand Mère se prénommant Nelly.
Il y avait également une sorte de petit bahut dont le contenu m’est resté longtemps inconnu, une lourde vasque posée sur le couvercle, m’empêchant de satisfaire ma curiosité.
Quelques chaises aussi permettaient de faire antichambre…
Ce palier donnait sur quatre portes, ouvrant sur quatre chambres, dont les nôtres, les deux plus petites.
Mon arrière grand- mère, Nelly aussi, que nous appelions Mémère, avait l’une des deux plus grandes, à 85 ans passés, elle ne la quittait plus guère, assise près de la fenêtre, passant son temps à tricoter, pulls, chaussettes et même gants, avec un nombre incroyable d’aiguilles et une dextérité qui nous fascinait; vêtements dont nous serions les heureux destinataires.
C’était la seule chambre chauffée par un petit mirus, que l’on devait alimenter en bois sec et sur lequel une casserole pleine d’eau bouillante, à l’intérieur tapissé de calcaire, était censée maintenir la bonne hygrométrie de la pièce.
Le premier palier, le dernier sur la photo, desservait cuisine, arrière cuisine, appelée laverie, salle de bain (ne s’en servir qu’avec modération), salle à manger et salon, les pièces étant réparties d’un côté et d’autre d’un couloir, le vestibule, qui donnait sur la porte principale et le perron.
Une autre porte, dans la cuisine, donnait sur un escalier plus modeste qui descendait, accolé à la tourelle, vers le grand potager.
Après ce palier, l’escalier continuait vers la cave, une porte vitrée, munie d’un verrou de cuivre, en fermait l’accès. Faiblement éclairé par une petit fenêtre, ou une ampoule nue, y descendre de nuit, pour aller tirer un pichet de cidre au tonneau, m’effrayait un peu.