fruitier

le fruitier

Quand on quittait le dernier palier de l’escalier pour passer la porte de la mansarde, il restait, sur la droite une partie de tourelle vide, c’est dans ce vide que fût installé le fruitier, fermé par une porte de bois pleine, en pin, qui grinçait en l’ouvrant.
Des étagères, courbes, épousant l’arrondi de la tourelle, couraient le long des murs enduits de plâtre. Elles étaient bordées de petites languettes destinées à éviter la chute malencontreuse des fruits à conserver.
À la saison de la récolte, environ de mi septembre à fin octobre pour les plus tardives, les pommes et les poires étaient cueillies délicatement, il fallait qu’elles viennent dans la main, et disposées avec soin, dans un panier d’osier.
Les fruits tombés à terre, meurtris par la chute, étaient mis à part, ils seraient consommés rapidement ou serviraient à la compote.
Le panier était monté à la mansarde; après un dernier examen , pommes et poires, étaient disposées, sans se toucher, sur les rayonnages.
Les fruits étaient rangés par variété: pour les pommes, Belle de Boscop, Belle fleur jaune, Reinette clocharde, Reinette grise du Canada, Reinette du Page et quelques autres; pour les poires ma mémoire a plus de trous, Louise Bonne, Catillac, William…Le reste m’échappe.
Des petits cartons, souvent du papier photo périmé, avec le nom de la variété, étaient placés sur chaque étagère.
Je participais avec plaisir à ce cérémonial.
Le fruitier était tout imbibé d’odeur de pomme. Quand on ouvrait la porte, ce parfum s’exhalait dans toute la mansarde.
Lorsque l’année était féconde, le surplus de fruits était étendu sur des cartons, à même le plancher.
J’aimais particulièrement la Reinette Clocharde,, qui se fripe et se ride au fur et à mesure des mois qui passent et qui gagne en sucre. C’est toujours une de mes pommes préférées, en croquer une en mars est un plaisir, car bien sur, le verger de notre maison a été planté de toutes ces variétés, entre autre.
Il est une pomme que je n’ai pas encore citée, le Pigeonné, petite pomme assez hâtive, conique, de couleur rosée, se conservant peu, mais d’un goût délicat, qui faisait, enfants, notre bonheur….
« Les enfants, je vous ai cueilli quelques Pigeonné pour le dessert »…
Une autre madeleine….