L'échelle du grenier

l'echelle

 

On accédait au grenier par une échelle poussiéreuse qui partait de la mansarde à échalotes, pièce séparée de la grande mansarde par une cloison et une porte en pitchpin, et ainsi nommée, parce que c’est là que l’on conservait, après la récolte, les échalotes, bien sur, mais aussi l’ail, et les chapelets de haricots secs, les « Phénomènes », qui séchaient, suspendus à un large porte-manteau.
Un petit carton était enfilé avec les gousses, avec noté, la variété et la date de la récolte.
Je procède de la même manière, aujourd’hui, pour sécher mes haricots.
Je ne suis grimpé que deux ou trois fois dans ce grenier, au milieu de l’entrecroisement des pièces de charpente.
Il ne fallait pas craindre la poussière accumulée depuis la construction je pense, ni les araignées qui tendaient leurs fils et tissaient leurs toiles d’une poutre à l’autre.
Mon père y montait de temps en temps car une tabatière en fonte ouvrait sur la large souche de cheminée, ceinturée de deux bandes de métal, qui supportait l’énorme antenne de télévision.
Les tempêtes faisant tourner régulièrement celle ci, il était nécessaire d’intervenir afin de la recaler sur le mont Pinçon, ou se dressait l’antenne émettrice, au point le plus élevé du Calvados, qui était aussi un but de promenade.
La pièce était éclairée par une lucarne au nord, la même que celle située de l’autre côté de la tourelle, ou j’installerais un jour ma lunette. Elle était froide en hiver, mais dégageait, lambrissée de bois sur deux côtés, une atmosphère intime que j’appréciais, avec toujours les odeurs mélangées des bulbeuses et des légumineuses.