chapeau haricots

haricots 2

haricots

Mes grands-parents cultivaient dans le grand potager de la maison deux sortes de haricots: les »princesses sans fils » à consommer en vert, et les « phénomènes » pour la conservation en sec. Il y avait je crois une troisième variété dont j’ai oublié le nom.
Les semences, comme toutes les autres graines étaient commandées, avant la saison des semis, chez « Clause », (oups! j’ai failli dire: « la maison »)…
Les deux variétés étaient à rames, La cueillette de ceux ci étant moins fatigante pour le dos que celle que les haricots nains.
Les rames, perches bien droites, de quelques centimètres de diamètre et de 2m50 de longueur environ, étaient installées par couples, en forme de V renversé, les branches de ce V, écartées de 60 à 80 cm environs, étant solidement fichées dans le sol. Les rames étaient jointes par une ligature à 2 m; la partie supérieure qui dépassait ce lien recevait une ou deux rames horizontales, qui, solidement ligaturées elles aussi, achevaient la structure et donnaient de la solidité à l’ensemble.
Les haricots, étaient disposés par poquets de 8 grains au pied de chaque rame. Lors de la croissance ils s’entortilleront et monteront tout en haut de leur support. La vitesse à laquelle ils s’allongent quotidiennement en s’enroulant m’étonnera toujours…
Aujourd’hui je me sert de bambous, que je plante en cercle, réunis à leur sommet en tente d’indien, c’est plus rigolo, surtout pour les petits enfants.
En fin d’été, début d’automne, les gousses étaient ramassées et enfilées, à l’aide d’une grosse aiguille, sur de la ficelle de cuisine, sans oublier le petit carton ou était inscrite la variété et la date de la récolte. Les chapelets ainsi formés étaient suspendus, au sec, dans la mansarde, en compagnie des bottes de feuilles cassis, qui serviraient, sèches, à faire les tisanes de l’hiver.
Je trouvais ça très beau, malgré parfois une propension à jouer du sabre de l’arrière grand-père contre ces malheureux haricot, mes ennemis imaginaires, et à répandre leurs grains un peu partout dans la mansarde, on a les moulins à vent qu’on peut….
Je ne me rappelle pas avoir participé à la préparation des chapelets, ma grand-mère, écartant toujours de nous, les objets pointus ou coupants qui auraient pu provoquer quelques blessures, (si elle avait su pour le sabre…); par contre, nous participions a l’égrenage des cosses quant une cuisson de « péteux » était prévu pour le lendemain. Détachés de leur cosse, ils étaient mis à tremper toute la nuit dans un saladier, ceux qui surnageaient étant impitoyablement écartés.
Quoi de meilleur qu’une assiettée de haricots secs, cuisinés avec beurre, persil et d’ail, malgré les fermentations intestines qui pouvaient s’ensuivre…