Philippe Morel sculpteur...la vie de l'atelier.

07 février 2021

Les haricots.

chapeau haricots

haricots 2

haricots

Mes grands-parents cultivaient dans le grand potager de la maison deux sortes de haricots: les »princesses sans fils » à consommer en vert, et les « phénomènes » pour la conservation en sec. Il y avait je crois une troisième variété dont j’ai oublié le nom.
Les semences, comme toutes les autres graines étaient commandées, avant la saison des semis, chez « Clause », (oups! j’ai failli dire: « la maison »)…
Les deux variétés étaient à rames, La cueillette de ceux ci étant moins fatigante pour le dos que celle que les haricots nains.
Les rames, perches bien droites, de quelques centimètres de diamètre et de 2m50 de longueur environ, étaient installées par couples, en forme de V renversé, les branches de ce V, écartées de 60 à 80 cm environs, étant solidement fichées dans le sol. Les rames étaient jointes par une ligature à 2 m; la partie supérieure qui dépassait ce lien recevait une ou deux rames horizontales, qui, solidement ligaturées elles aussi, achevaient la structure et donnaient de la solidité à l’ensemble.
Les haricots, étaient disposés par poquets de 8 grains au pied de chaque rame. Lors de la croissance ils s’entortilleront et monteront tout en haut de leur support. La vitesse à laquelle ils s’allongent quotidiennement en s’enroulant m’étonnera toujours…
Aujourd’hui je me sert de bambous, que je plante en cercle, réunis à leur sommet en tente d’indien, c’est plus rigolo, surtout pour les petits enfants.
En fin d’été, début d’automne, les gousses étaient ramassées et enfilées, à l’aide d’une grosse aiguille, sur de la ficelle de cuisine, sans oublier le petit carton ou était inscrite la variété et la date de la récolte. Les chapelets ainsi formés étaient suspendus, au sec, dans la mansarde, en compagnie des bottes de feuilles cassis, qui serviraient, sèches, à faire les tisanes de l’hiver.
Je trouvais ça très beau, malgré parfois une propension à jouer du sabre de l’arrière grand-père contre ces malheureux haricot, mes ennemis imaginaires, et à répandre leurs grains un peu partout dans la mansarde, on a les moulins à vent qu’on peut….
Je ne me rappelle pas avoir participé à la préparation des chapelets, ma grand-mère, écartant toujours de nous, les objets pointus ou coupants qui auraient pu provoquer quelques blessures, (si elle avait su pour le sabre…); par contre, nous participions a l’égrenage des cosses quant une cuisson de « péteux » était prévu pour le lendemain. Détachés de leur cosse, ils étaient mis à tremper toute la nuit dans un saladier, ceux qui surnageaient étant impitoyablement écartés.
Quoi de meilleur qu’une assiettée de haricots secs, cuisinés avec beurre, persil et d’ail, malgré les fermentations intestines qui pouvaient s’ensuivre…

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25 janvier 2021

Souvenirs 1954

magasin 37

isigny magasin 306

magazin horlogerie

Le premier magasin photo de mon père au 37 rue du docteur Boutrois, à Isigny-sur-Mer, avant que le numérotage de la rue ne change.
Sur la première photo, mon frère Michel et moi sommes assis sur le rebord de la vitrine. Mon frère a eu 3 ans en novembre 1953. Une photo en témoigne, elle est à gauche de la vitrine on le voit devant le moka cuisiné par ma grand-mère, planté de trois bougies, l’une est éteinte; il lève l’index et dit »j’en ai soufflé une ». Cette photo est restée longtemps au magasin, je la connaît par coeur.
Nous sommes en juin ou juillet 1954, les culottes courtes l’indiquent, ainsi que l’ombre, très courte de la grille sur la 3eme photo. J’ai donc 6 ans et je vais déjà à l’école, je suis vêtu de la blouse grise traditionnelle comme mon grand père qui nous regarde.
Chaque année, une nouvelle blouse grise était achetée pour la rentrée, la blouse d’école, celle de l’année précédente, un peu courte parfois, un peu passée aussi, nous servait à la maison, c’était; »la blouse de tous les jours ».
Mon grand père, retraité de l’éducation nationale, continuait à mettre les siennes quand il jardinait, se livrait à des travaux un peu salissants, ou même quand il m’apprenait à lire et à écrire, là il redevenait l’instituteur. Son chapeau existe toujours, il est accroché dans mon atelier.
La 4CV est notre voiture de l’époque, sur la deuxième photo, on voit l’emblème du photographe, découpé par mon père dans de l’alu et collé à l’avant du capot. À travers le pare brise on aperçoit une barrette fixée par deux ventouses, elle est munie d'une résistance permettant d'éviter (un peu) la condensation, j'ai eu la même sur une 2 CV.
La 4CV cédera bientôt la place à une Dyna Panhard.
Mon père avait ajouté à la photo une activité d’horlogerie comme son ami Debeaupte, photographe à Carentan. Je restais des heures à le regarder démonter une montre, un réveil ou une pendule et la remettre en état; il s’était fabriqué un petit tour de précision en bois de pommier, bien sec, pour refaire certaines pièces introuvables.
J’attendais toujours avec impatience l’objet trop abîmé pour être réparé, une fois entre mes mains, je prenais grand plaisir à démonter toutes les pièces, les engrenages montés sur un axe me servaient de petites toupies.
Sur la deuxième photo, du même côté de la rue, la boucherie Lefèvre, et tout au bout madame Guilloux, épicière, où j’allais acheter du gruyère, la portion de meule était conservée sous une magnifique cloche de verre.
Chez madame Guilloux, on trouvait aussi des pochettes surprises.
La troisième photo, nous montre la vitrine intérieure ainsi que les grosses lettres en bois peintes en rouges fabriquées maison également: HORLOGERIE.
À mes pieds la bobine LUMIERE, en métal, qui était régulièrement sortie sur le trottoir, une autre bobine, ronde celle là, « ROLLA », une autre marque de pellicules, est venue plus tard. On aimait tambouriner sur ces bobines qui rendaient un son assez puissant.
Je ne connaissais pas ces photos, j’ai découvert hier un négatif stéréoscopique qui n’a, je pense, jamais été copié pour être inversé. Il était resté en souffrance dans une boite marquée: »en cours ». Il y en a d’autres, peut être d’autres découvertes…

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22 janvier 2021

L'appartement à bois

appartement à bois

Le bois de chauffage de la maison, après avoir été livré, était empilé à l’extérieur pour être « lavé » par les intempéries durant un an ou deux, selon l’essence, Un an suffisait pour le frêne ou le hêtre, le chêne, lui, devait rester en plein air plus longtemps.  Il était ensuite rentré au printemps, par temps sec, dans la dépendance en pierre calcaire et tuiles de la photo, appelé: « appartement à bois ».
À l’intérieur, à gauche, une sorte d’établi grossier, fait d’une solide planche de chêne, usée par les ans, sur lequel était posé un court billot ainsi que la hache destinée à fendre les bûches trop grosses.
Inutile de vous dire, que je n’aurai pas, avant un âge avancé, (10 ans) le droit de me servir d’un tel instrument tranchant.
Pourtant, il m’arrivait, échappant à la surveillance parentale, de m’emparer subrepticement du dit instrument et des m’entraîner au lancer de la hache, dont la vieille porte vermoulue a fait plus d’une fois les frais. La hache devait faire un tour sur elle même avant de se ficher dans la porte, l’apprentissage ne s’est pas fait tout seul, mais j’ai finit par réussir un 2 lancés sur trois.
Sur la photo, une nouvelle porte a remplacé l’ancienne, mais on a gardé le système de loquet à fléau, encore appelé clenche à fléau, que j’appréciais tant.
Aujourd’hui, à la maison, sur les 19 portes existante, (j’ai compté), j’en ai équipé 13 de ce système. J’avais fait en 72, une razzia, en découvrant dans un vieux meuble de la quincaillerie Hinard, un lot de 7 ou 8 de ces loquets, accompagnés de leurs poignées à boucle en fonte, je les avais tous raflés. Aujourd’hui ils sont quasiment introuvables, à moins de les faire exécuter par un bon forgeron,  mais j’en mets encore de côté, quand j’en prélève sur de vieille portes mises au rebut.
Donc, une fois à peu près sec, le bois de chauffage était rangé, sur la droite, dans le petit bâtiment. Au dessus, un demi plancher rudimentaire permettait d’empiler les fagots qui serviraient tout au long de la saison froide, a allumer journellement, cuisinière et poëles.
Cet « appartement » était à l’origine à l’intérieur du grand enclos du poulailler, assez loin de la maison, au cas ou quelqu’un de mal intentionné aurait trouvé drôle d’y mettre le feu. Par la suite, pour un accès plus facile, l’enclos fût diminué afin de pouvoir accéder directement au combustible.

 

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21 janvier 2021

L'échelle du grenier

l'echelle

 

On accédait au grenier par une échelle poussiéreuse qui partait de la mansarde à échalotes, pièce séparée de la grande mansarde par une cloison et une porte en pitchpin, et ainsi nommée, parce que c’est là que l’on conservait, après la récolte, les échalotes, bien sur, mais aussi l’ail, et les chapelets de haricots secs, les « Phénomènes », qui séchaient, suspendus à un large porte-manteau.
Un petit carton était enfilé avec les gousses, avec noté, la variété et la date de la récolte.
Je procède de la même manière, aujourd’hui, pour sécher mes haricots.
Je ne suis grimpé que deux ou trois fois dans ce grenier, au milieu de l’entrecroisement des pièces de charpente.
Il ne fallait pas craindre la poussière accumulée depuis la construction je pense, ni les araignées qui tendaient leurs fils et tissaient leurs toiles d’une poutre à l’autre.
Mon père y montait de temps en temps car une tabatière en fonte ouvrait sur la large souche de cheminée, ceinturée de deux bandes de métal, qui supportait l’énorme antenne de télévision.
Les tempêtes faisant tourner régulièrement celle ci, il était nécessaire d’intervenir afin de la recaler sur le mont Pinçon, ou se dressait l’antenne émettrice, au point le plus élevé du Calvados, qui était aussi un but de promenade.
La pièce était éclairée par une lucarne au nord, la même que celle située de l’autre côté de la tourelle, ou j’installerais un jour ma lunette. Elle était froide en hiver, mais dégageait, lambrissée de bois sur deux côtés, une atmosphère intime que j’appréciais, avec toujours les odeurs mélangées des bulbeuses et des légumineuses.

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19 janvier 2021

2 arrosoirs

J’ai toujours aimé les arrosoirs…
Attention, pas les arrosoirs en plastique, les vrais arrosoirs en zinc, et encore…. Ceux d’hier, pas ceux d’aujourd’hui.
Mon grand-père avait deux magnifiques arrosoirs en zinc, deux costos, je l’admirais quand il les remplissait, le soir, pour arroser le potager, et j’imaginais qu’un jour, moi aussi, je pourrais faire de même.
Ma grand-mère ne les utilisait guère, trop lourds, disait elle, se servant plutôt d’un petit arrosoir, en tôle émaillée, vert. J’avais le droit de me servir de ce dernier, bien que, moi aussi, j’eus un petit arrosoir en tôle, mais c’était plutôt un jouet….
Quand l’âge et la force d’utiliser ceux de mon grand-père me vint, ma joie fût extrême, et chaque soir, en été, c’était pour moi un plaisir toujours renouvelé, que de puiser l’eau à même la citerne et d’aller par le jardin redonner vie au plantations assoiffées par le soleil.
Cette passion ne m’a jamais quitté, et, dans les brocantes, je peux difficilement résister à l’achat d’un nouvel arrosoir, c’est compulsif, mais uniquement pour les arrosoirs…
Ceci dit, je devient exigent. Une rustine en zinc, mal placée, peut gâcher l’objet, par contre, la même rustine, bien placée, est comme un grain de beauté sur le corps d’une jolie femme…
L’arrosoir, de tous temps, curieusement, a été dénigré. On l’a même effacé de certains textes anciens, de certaines légendes.
La fameuse lampe magique d’Aladin était en fait un arrosoir. Un génie ne pouvait tenir dans une lampe à huile, d’ans un arrosoir, il était plus à son aise!
Le vase se Soissons également était un arrosoir.
Jeanne d’arc, vouait un culte particulier à l’arrosoir, il lui aura cruellement manqué lors de la fin que l’on sait.
Il serait long et fastidieux d’énumérer le rôle de l’arrosoir à travers l’histoire. Mais je ne peux m’empêcher, bien sur, de citer, le célèbre Graal, qui a fait l’objet de tant de conflits, de batailles, de recherches, et qui finalement s’est révélé être un modeste arrosoir, en argile celui là.
Je possède huit arrosoirs, et seulement trois pommes, oui, les pommes d’arrosoir valides sont plus difficiles à dénicher, mais n’ayant que deux bras comme tout un chacun, trois pommes me suffisent amplement.
Huit arrosoirs seulement serez vous tentés de dire; c’est peu pour un collectionneur… Huit oui, je sélectionne, je n’achète que de l’arrosoir en bon état, non bosselé, en pleine possession de ses fonctions d’arrosoir.
Ceci dit j’en ai acquis bien au delà de ce chiffre, mais j’aime les offrir….
Attention, je n’offre un arrosoir que si l’ami le mérite. C’est un présent de choix, un signe de grande amitié, que de recevoir un arrosoir de ma part; mais je reconnaît que certains n’ont pas toujours compris le sens de ce présent, ce ne sont hélas, plus de vrais amis, vous l’aurez compris….
La photo ne représente pas ceux du grand-père, je l'ai mise parce qu'elle est d'époque, elle fait partie du premier 36 poses de mon Nikon tout neuf, année 69.
Ci dessous, mes arrosoirs, dans le tas il y en a au moins un du grand-père du grand-père, lequel? je ne sais plus...

arrosoirs

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17 janvier 2021

Le fruitier

fruitier

le fruitier

Quand on quittait le dernier palier de l’escalier pour passer la porte de la mansarde, il restait, sur la droite une partie de tourelle vide, c’est dans ce vide que fût installé le fruitier, fermé par une porte de bois pleine, en pin, qui grinçait en l’ouvrant.
Des étagères, courbes, épousant l’arrondi de la tourelle, couraient le long des murs enduits de plâtre. Elles étaient bordées de petites languettes destinées à éviter la chute malencontreuse des fruits à conserver.
À la saison de la récolte, environ de mi septembre à fin octobre pour les plus tardives, les pommes et les poires étaient cueillies délicatement, il fallait qu’elles viennent dans la main, et disposées avec soin, dans un panier d’osier.
Les fruits tombés à terre, meurtris par la chute, étaient mis à part, ils seraient consommés rapidement ou serviraient à la compote.
Le panier était monté à la mansarde; après un dernier examen , pommes et poires, étaient disposées, sans se toucher, sur les rayonnages.
Les fruits étaient rangés par variété: pour les pommes, Belle de Boscop, Belle fleur jaune, Reinette clocharde, Reinette grise du Canada, Reinette du Page et quelques autres; pour les poires ma mémoire a plus de trous, Louise Bonne, Catillac, William…Le reste m’échappe.
Des petits cartons, souvent du papier photo périmé, avec le nom de la variété, étaient placés sur chaque étagère.
Je participais avec plaisir à ce cérémonial.
Le fruitier était tout imbibé d’odeur de pomme. Quand on ouvrait la porte, ce parfum s’exhalait dans toute la mansarde.
Lorsque l’année était féconde, le surplus de fruits était étendu sur des cartons, à même le plancher.
J’aimais particulièrement la Reinette Clocharde,, qui se fripe et se ride au fur et à mesure des mois qui passent et qui gagne en sucre. C’est toujours une de mes pommes préférées, en croquer une en mars est un plaisir, car bien sur, le verger de notre maison a été planté de toutes ces variétés, entre autre.
Il est une pomme que je n’ai pas encore citée, le Pigeonné, petite pomme assez hâtive, conique, de couleur rosée, se conservant peu, mais d’un goût délicat, qui faisait, enfants, notre bonheur….
« Les enfants, je vous ai cueilli quelques Pigeonné pour le dessert »…
Une autre madeleine….

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16 janvier 2021

Le poulailler

poulailler copie

Construit par mon grand-père, le poulailler tenait aussi une part importante dans notre enfance.
Un grillage dit »à poule », assez haut, fixé sur des poteaux de bois, formait un enclos ou les volailles avaient de la place pour s’ébattre. Il était planté de quelques arbres, un noisetier, un arbre de Judée, un weigelia rose, qui a de la descendance, aujourd’hui, à la maison, et un laurier palme qui pouvait nous servir de cachette et à l’intérieur duquel nous grimpions, c’était d’ailleurs une des future sortie de la ligne Morello, dont j’avais fait les plans, mais qui ne verrai jamais le jour.
Un bac, rempli de pierres avait servi, à une époque, pour les canards, mais c’était avant…
Le poulailler proprement dit, cabane en bois, passée au goudron, garnie de pondoirs en planches et couverte en fibro, permettait chaque soir d’enfermer les volatiles pour les soustraire aux mauvaises surprises nocturnes et aux appétits voraces des prédateurs de tout poil.
Des oeufs en plâtre, fort bien imités, étaient censés donner à ces dames l’envie d’en pondre des comestibles.
Le nombre de pensionnaires était limité, 6 ou 7, pas plus, mais suffisant pour la consommation de mes parents et grands parents.
C’était un plaisir, vers 6 heures du soir, d’aller ramasser les oeufs et donner le grain aux poules. il arrivait que certaines, en mal de descendance, défendent à coups de bec l’intrus qui voulait s’accaparer l’oeuf qu’elle s’obstinait à couver malgré l’absence de géniteur.
Un bâton était prévu à cet effet pour la faire quitter le nid.
Le grain, maïs, orge et avoine mélangés, dont je sens encore l’odeur, était acheté à la boulangerie Lemieux, de l’autre côté de la rue, en face de la maison, Il était ensuite conservé à l’intérieur de la cave dans une vielle lessiveuse, une mesure d’un litre, en bois, cerclée de métal nous permettait de mesurer la ration quotidienne.
Par temps froid, le matin, ma grand mère leur faisait une soupe chaude avec les restes de pain de la veille, épluchures diverses, et parfois….Un oeuf….On se faisait aussi un plaisir de ramasser des escargots dont elles étaient friandes...Pauvres limaçons!
Les oeufs, après avoir été marqués au crayon à la date de la ponte, étaient placés dans une corbeille de rotin et enfermés dans le garde manger, un placard assez imposant, en compagnie des confitures de toutes sortes, des cornichons au vinaigre, du pain, du sucre et des restes. Pas de frigo chez ma grand-mère.
Je les aimais de toutes les façons possibles ces oeufs, à la coque, sur le plat, brouillés, ou frits à l’anglaise. c’était délicieux et non immangeable comme nous l’avait dit, en cours, en 6 ème, un certain prof d’anglais.
J’avais un petit plat en alu, à deux anses, dans lequel je prenais plaisir à brouiller mes oeufs, l’hiver, sur la cuisinière à bois. La fourchette y raclait le métal avec un bruit spécial que j’ai encore dans l’oreille.
Parfois, une poule, plus hardie que ses congénères, faisait une excursion gustative dans le potager, aussitôt rattrapée, on lui coupait l'extrémité des rémiges d’une aile pour l’empêcher de rééditer la grande évasion au dessus du grillage.

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15 janvier 2021

Le grand escalier

escalier

Un escalier, de la cave au grenier.
Côté nord, en plein milieu, la maison familiale était pourvue d’une tourelle, ou plutôt d’une demi tourelle ou venait se loger l’escalier en spirale, enfin, une moitié, l’autre empiétant sur la partie habitable de la maison.
J’ imaginais cette tourelle couverte d’un toit en poivrière comme dans les châteaux, hélas elle n’était que platement zinguée.
Nous l’avons monté et descendu bien des fois cet escalier, et par des façons les plus bizarres qui nous venaient à l’esprit: à quatre pattes, en avant, en arrière, comme un chien, en sautant des marches, une, puis deux, puis trois,, ou encore par le puits central, les pieds sur le bord des marches en nous tenant à la rampe.
Par contre jamais de glissades sur celle ci, la boule de verre bleue qui la terminait aurait pu nous meurtrir dans notre chair si l’on ne s’était éjecté avant. Je ne dis pas que je ne me livrai pas quand même quelques légères tentatives, mais sans plus…
La photo est prise du palier de la mansarde, en dessous, on aperçoit le palier de ce qu’on appelait l’antichambre, meublée d’une armoire, d’un miroir, de quelques oeuvres peintes exécutées par ma grand-mère lors de son année de scolarité en Angleterre, à 16 ans (deux peur être), ou elle apprit également le piano et à faire de la bicyclette. J’ai à la maison son chevalet avec quelques « I love you » ou « I love Didi », ma grand Mère se prénommant Nelly.
Il y avait également une sorte de petit bahut dont le contenu m’est resté longtemps inconnu, une lourde vasque posée sur le couvercle, m’empêchant de satisfaire ma curiosité.
Quelques chaises aussi permettaient de faire antichambre…
Ce palier donnait sur quatre portes, ouvrant sur quatre chambres, dont les nôtres, les deux plus petites.
Mon arrière grand- mère, Nelly aussi, que nous appelions Mémère, avait l’une des deux plus grandes, à 85 ans passés, elle ne la quittait plus guère, assise près de la fenêtre, passant son temps à tricoter, pulls, chaussettes et même gants, avec un nombre incroyable d’aiguilles et une dextérité qui nous fascinait; vêtements dont nous serions les heureux destinataires.
C’était la seule chambre chauffée par un petit mirus, que l’on devait alimenter en bois sec et sur lequel une casserole pleine d’eau bouillante, à l’intérieur tapissé de calcaire, était censée maintenir la bonne hygrométrie de la pièce.
Le premier palier, le dernier sur la photo, desservait cuisine, arrière cuisine, appelée laverie, salle de bain (ne s’en servir qu’avec modération), salle à manger et salon, les pièces étant réparties d’un côté et d’autre d’un couloir, le vestibule, qui donnait sur la porte principale et le perron.
Une autre porte, dans la cuisine, donnait sur un escalier plus modeste qui descendait, accolé à la tourelle, vers le grand potager.
Après ce palier, l’escalier continuait vers la cave, une porte vitrée, munie d’un verrou de cuivre, en fermait l’accès. Faiblement éclairé par une petit fenêtre, ou une ampoule nue, y descendre de nuit, pour aller tirer un pichet de cidre au tonneau, m’effrayait un peu.

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09 janvier 2021

La pendule Suchard

pendule

La pendule Suchard
Elle avait été offerte à ma grand-mère par son frère, Paul, épicier en gros à Bricquebec, qui l’avait probablement eue en cadeau, par un représantant de la maison Suchard.
J’ai quelques souvenirs de cette épicerie, un peu sombre, avec sa clochette au dessus de la porte et l’odeur de café qui imprégnait en permanence les lieux.
Ma grande tante, imposante, trônait derrière la caisse de bois sculpté et ses ornements de laiton parfaitement astiqués.
Quand la famille se rendait à Bricquebec, dans la Dina Panhard paternelle, la visite de l’épicerie et de la réserve attenante était incontournable, avec quelques bonbons et gâteaux à la clef.
Le jour de l’an, c’était « Bricquebec » qui arrivait à la maison. Ma grand mère avait fait parvenir à son frère une liste des biens de consommation nécessaires à la bonne marche de la maison pour une année.
La camionnette se garait le long de la grille, rue du Dr Boutrois et mon frère et moi, nous nous faisions un plaisir de décharger et de ranger dans le couloir de la maison: 5 balais, 3 balayettes, 3 paquets de 6 de savons de Marseille, des paquets de lessive, 30kg de sucre en morceaux, autant en poudre pour les confitures, quelques grosses tablettes de chocolat Meunier, à cuire, les boites d’allumettes, les boites d’encaustiques ,de cirage, quelques brosse en chiendent, des lavettes,et j’en oublie beaucoup…
Le lendemain, quand nos hôtes s’en étaient retournés, nous montions, les deux étages pour ranger soigneusement tout ces trésors à la mansarde qui servait donc de magasin ou nous pourrions puiser régulièrement selon les besoins de la famille..
La pendule, pour en revenir à elle, trônait au dessus de la cheminée, sur le mur blanc de la cuisine. et je l’avais juste en face de moi moi quand je déjeunais sur la toile cirée de la table à abattants.
Quand j’ai su lire , je me demandais qui étaient ces trois filles en rouge qui s’appelaient Milka, Velma et Noisetine…..
À l’origine le dessus de la pendule était peint en blanc crème, et orné de feuillages, et puis un jour, ayant décidé qu’elle serai plus esthétique en bois naturel, j’ai persuadé ma grand mère de ma la confier pour faire disparaître cette peinture et cette déco que je trouvais très moche.
Je ne le ferais plus aujourd’hui…

pendule-chocolat-suchard-avec-son-très-beau-fixé

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07 janvier 2021

La cuisinière bois et charbon

cuisiniere et marmite net

Toute mon enfance j’ai connu cette cuisinière avec ses carreaux de céramique décorés sur le mur à l'arrière. Le tuyau d’évacuation des fumées montait verticalement, muni d’une clef pour diminuer le tirage, qu’on ne devait toucher à aucun prix; il faisait un coude, et rentrait dans le conduit de l’ancienne cheminée, non loin de la pendule Suchard.. À la saison froide, la soupe de légumes du jardin, préparée le matin , y mijotait toute la journée. Regarder cette photo m’emplit des souvenirs olfactifs de ces jours d’hiver, ça sentait bon cette cuisine et on y était bien au chaud.

C’est là aussi que le pot-au-feu cuisait doucement, le dimanche, dans un grand faitout qui ne servait qu’à cela, appelé lui même « pot-au-feu ».

C’était aussi le seul chauffage de la maison, la salle à manger possédait un mirus, que l’on allumait de temps à autre. Les chambres, elles, n’étaient pas chauffées; le soir on sortait du four les briques réfractaires qui avaient emmagasiné la chaleur du feu le jour durant, elles étaient emmaillotées dans un journal, France Soir en général, puis dans un torchon et placées au fond du lit. Il fallait parfois attendre qu’elles refroidissent pour y poser les pieds.

Par grand froid un radiateur soufflant, Calor, banché sur la « force », à triple résistance, trois positions, était allumé 15 mn avant le coucher. Il m’est arrivé de le mettre sous les draps quelques dizaines de secondes pour chauffer le lit…Jusqu’au jour ou, une odeur de brûlé s’étant violemment échappée, je renonçai à ce stratagème.

Sur la photo, c’est le faitout à potage, d’ailleurs, s’il est là c’est que la soupe du jour mijote gentiment.

Le dessus de la cuisinière était astiqué, chaque soir, à la toile émeri, je n’échappais pas à la corvée mais je prenais parfois plaisir à la rendre bien brillante.

Les fagots et le bois de chauffage étaient à l ‘abri, à l’écart de la maison, dans un petit bâtiment de pierre calcaire couvert en tuile mécaniqus: « l’appartement à bois ».

Le charbon, lui, était stocké dans un bac en ciment, approximativement, si mes souvenirs ne me trompent pas trop d’1m20 x 1m x 1m, une ouverture permettait au « boulet » d’être accessible par le bas.

Ma grand-mère avait très peur du feu, et le soir, vers 6/7 heures, on n’alimentait plus le foyer; si au moment de monter au lit, il restait quelques braises, elle les éteignait avec une casserole d’eau.

Le lendemain matin, Paulette, la soeur de ma mère se levait dés potron minet, allumait le feu et préparait notre petit déjeuner.

On était vraiment comme des coqs en pâte….

 

 

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01 janvier 2021

Magdalena le premier janvier 2021.

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25 décembre 2020

Noël 1956

noel 1956

 
Les Noëls de mon enfance ont tous été magiques. On réveillonnait le soir du 24, ou plutôt le dîner était différent.
C'était le seul jour de l'année ou nous avions l'autorisation de nous coucher à une heure plus tardive, avec le 13 juillet au soir, où l'on avait le droit de veiller pour voir passer la retraite aux flambeaux.
Mon père, photographe, laissait le magasin ouvert assez tard, souvent jusqu'à 22 h, pour les retardataires, en quête de cadeau de dernière minute.
On l'attendait pour commencer le repas, galantine de volaille, escargots, coquilles st jacques cuites dans leur coquilles, quelques feuilles salade, et dessert de petites bûches sur lesquelles nous nous faisions une joie de planter et d'allumer les cierges magiques qui brûlaient en crépitant et en projetant des étincelles dorées.
Ensuite, avant minuit, dodo, espérant toujours restert éveillés suffisamment longtemps pour apercevoir le Père Noël.
Le matin, la découverte des jouets sous le sapin nous remplissait vraiment d'un bonheur spécial.
Il y eu quelques Noëls plus marquants que les autres: Celui du vélo, celui de la Talbo Lago rouge à pédales et du cheval, à pédale lui aussi, pour mon frère, celui du Mécanno n°7, un grand moment, et celui de la photo, Noël 1956.
Pour mon frère: "Le petit microscopiste", qui nous fit passer de longues heures d'observation après avoir monté soigneusement le microscope.
Pour moi une tente d'indien garnies de plumes avec la coiffe qui allait avec, et le véritable fusil de Davy Crockett, le chien claquait quand on tirait des flèches; flèches à bout ventouse de caoutchouc qui détonnaient sur un tel fusil...
Je m'employais d'ailleurs rapidement à modifier le système d'armement pour lui faire lancer des perles, que la famille retrouvait un peu partout dans la maison.
Remarquons aussi les délicieuses sucettes Isicrem, hélas disparues aujourd'hui, des gâteaux, et quelques jouets qui feraient le bonheur de notre soeur qui venait de naître.

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04 décembre 2020

La lune du 28 octobre 2020

300mm 1000 ème de seconde à 8, main levée.

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03 décembre 2020

L'année 2020, est pour moi une parenthèse blanche, quasiment aucune vente.

Malgré tout quelques nouveaux bronzes mis en route en 2019.

Alexandra couchée

alexandra couchée noir brûléClaude assise

Claude assise (4)Olivier

olivierPatricia fragment à l'épaule II

paricia frament épaule petitJulie profil gauche

Julie profil gauche

stephanie portée

Stéphanie portée II

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02 décembre 2020

Julie accroupie.

Julie accroupie (2)

Julie accroupie (5)

Julie accroupie (9)

Julie accroupie (11)

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01 décembre 2020

Elsa assise

REM_0856

REM_0859

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03 novembre 2020

Laëtitia tête mobile.

laetitia tete articulee 1

laetitia tete articulée

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03 octobre 2020

Terres cuites 2020

Terres cuites réalisées pendant le confinement et cuites en aout, terre de Norron et chamotte noire "cassée" au pétrin de boulanger

Laetitia, buste et visage

netPatricia timide, fragment 2020

patricia bras levés sans brasPatricia buste et visage

Patricia buste et visagePatricia bras levés avec tête, fragment 2020

patricia bras levéPatricia bras levés sans bras....

patricia bras levés sans bras 1Patricia bras levés sans bras et moins de jambes...

patricia bras levés sans bras 2Patricia timide frarment à la tête

patriucia doublePatricia, buste et tête 2

patricia epaule tete

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05 août 2020

L'écureuil qui nettoie scrupuleusement la vingtaine de noisetiers de la maison.

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04 août 2020

Quelques bestioles

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fourmis

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frelon 2

frelon 3

frelon 4

frelon 5

frelon 7

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pieride 3

pieride

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